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PERCHÉ IL PENE PIUTTOSTO CHE LA VAGINA ? Annie Leclerc (Parole de Femme) TRAD. FR-ITA

… Car le dégoût pour tout ce qui s’attache à la femme, la répugnance pour tout ce qui désigne, naturellement ou culturellement, comme féminin est le véritable ciment entre l’idée de son infériorité et le fait de son exploitation.
Tant que l’on pensera que l’enfantement est l’horrible prix dont il faut payer la vie, tant que l’on continuera d’affirmer que les taches domestiques constituent comme le dit même le cher Lénine : le travail le plus mesquin, les plus sombre, le plus lourd, le plus abêtissant, ni l’idée de l’infériorité de l femme ni la réalité de son exploitation ne seront éradiquées.
C’est vrai que le travail féminin est souvent abêtissant, comme l’est tout travail sans trêve ni répit. C’est vrai qu’elles sont lourdes les taches domestiques, quand le harcèlement quotidien, la précipitation anxieuse volent toute perspective, tout plaisir de faire, et tout plaisir de vivre ; voilà qui désigne justement la réalité d’un travail aliéné.
Mais sombre ? Mais mesquin ? Je lis ailleurs, et partout, sous toutes les plumes animées su souci libérateur de la femme, travail domestique= travail ingrat, sal, vil, dégradant, répétitif (comme si le travailleur qui fixe trente-cinq fois par jour une portière identique sur une identique voiture…. passons) improductif ( comme si tant de milliers d’autres… passons encore), mais encore, humiliant, pauvre, asservissant…
A vrai dire, et pour tout ça, un seul petit qualificatif suffirait : bas. Toutes ces clameurs généreuses et indignées ne font qui répéter ce que les hommes n’ont jamais cessé de se dire a mi-vois, autant pour se flatter que pour mater les femmes : tout ce que fait la femme, c’est de la basse besogne… quel bel engrais quel puissant réconfort de l’exploitation de la femme, quelle huile magique à la raideur de sa machinerie.
Si la besogne est basse, c’est que le travailleur est indigne, alors on peut bien le faire trimer nuit et jour, suer sang et eau, et se tuer à l’ouvrage, puisqu’il est indigne…

Ecoutez-les pousser leur beau cri de justice : pourquoi, disent-ils, est-ce toujours à la femme que reviennent les taches les moins intéressantes, pourquoi toujours à l’homme les taches les plus intéressantes ?
O naïve et perfide évidence !
O profonde tyrannie, et si aveuglement permise, du jugement mâle !
Se sont-ils seulement jamais demandé ce qui fait l’interêt de cet intérêt-là ? L’intérêt de cet intérêt-ci ?
Non. Pour eux, tout se qui s’attache à la femme, par nécessité, accident ou convention, se teinte immédiatement d’ingratitude, de bassesse. Jamais il ne leur vient à l’esprit que les taches les plus prestigieuses, réservées aux hommes, ne brillent de tout leur éclat qu’autant que les femmes en sont exclues. (…)

Franchement, qu’y a-t-il de si bas dans le travail d’une femme à la maison pour susciter aussi unanimement votre répugnance ?
Est-ce le travail lui-meme ? Ou plutôt toute autre chose ?
Faire la vaisselle, éplucher les légumes, laver le linge, repasser, épousseter, balayer, nettoyer les carreaux, torcher les enfants, leur donner à manger, raccommoder un pantalon usé… Travail mesquin ? Sombre ? Ingrat ? Stérile ? Dégradant ?
Qu’en dit le travailleur à la chaine ? Le visseur de boulons ? Le trieur de fiches, le tamponneur de timbres ? La couturière à l’usine de confection ? Et tant, tant d’autres ?
Mesquin ? Sombre ? Ingrat, dégradant ? Un travail bigarré, multiple, qu’on peut faire en chantant, en rêvassant, un travail qui a le sens même de tout travail heureux, produire de ses mains tout c’est qui est nécessaire à la vie, agréable à la vue, au toucher, au bien-être du corps, à leur repos, à leur jouissance…

mais malheur, vous avez voulu que cela fut un service, du sacrifice, du dévouement et de la peine,… c’était un rare bonheur ce travail si près de la jouissance, il avait le valeur la plus haute, celle de la vie elle-même, ce travail si mêlé à la vie…
vous avez inventé les terribles valeurs du pouvoir pour les tourner contre la vie, contre la femme, contre son ventre fécond, contres ses mains fertiles…
de ce travail précieux par excellence, de ce travail plus grand que tous les autres, puisque le sens des autres ne peut être que de servir et préparer, agriculture, métallurgie, industrie, l’accomplissement ultime de celui-là, de ce travail que tous les hommes auraient du se disputer s’ils avaient aimé la vie et non le pouvoir, on a fait un travail forcé, même plus un travail, un affreux boulet à trainer, une obscure fatalité, une faute jamais commise, et pourtant toujours à expier, celle d’être femme…

ce n’est pas balayer ou torcher le bébé qui est est mesquin, dégradant, c’est balayer angoissé à l’idée de tout le linge qu’on a encore à repasser ; repasser en se disant que ça ne sera jamais prêt pour le repas du soir ; voir sans cesse différé le moment où l’on pourrait s’occuper des enfants, aérer l’humus de leur terre, les arroser, les porter à bout de bras, leur mettre des rires dans la voix et des questions sur les lèvres…
ce qui est humiliant, c’est de faire un travail qu’aucun homme ne consentirait à faire, de faire un travail qu’au moins la moitié de l’humanité regarde de haut, ne regarde même pas.
Si ce travail était perçu à sa juste et très haute valeur, il serait aimé, il serait choisi, convoité autant par les hommes que par les femmes. Il ne serait plus ce boulet, cette oppressante, irrespirable nécessité…

Si tant est que la division et la répartition des taches et rôles se soit faite originellement de façon judicieuse et rationnelle, il est simple de montrer qu’il est plus commode, plus intéressant pour la communauté, que les femmes retenues au logis par les soins nécessaires aux petits enfants soient chargées également de taches qui exigent la présence, ou que la présence rend possible… Plus commode, plus intéressant pour la communauté que les hommes, plus indépendants vis-à-vis de leur corps (pas de règles, de grossesse, d’allaitement) soient chargés des travaux extérieurs qui exigent aussi plus de force physique…
en effet, ce raisonnement n’est possible que parce que il s’appuie sur l’idée d’une infériorité physique de la femme, dont le critère d’appréciation est la seule force physique (celle d’abattre des arbres, de courir, de soulever des pierres…). Mais si l’on veut bien considérer que la capacité de perpétuer la vie, d’enfanter et de nourrir l’enfant, est une capacité physique de la femme est alors évidente ; surtout quand on ignore le pouvoir fécondant de l’homme, ce que les faits ne disent pas d’eux-mêmes.
Ce qu’il faudrait comprendre c’est pourquoi, comment à partir de capacités physiques certainement différences, mais qui ne peuvent se penser d’emblée en termes d’inégalité (pas de référent commun qui les puisse mesurer), l’un des termes de la différence s’est trouvé hautement valorisé par rapport à l’autre. Car rien, a priori, ne permet de comprendre pourquoi ce terme-ci plutôt que celui-là.

Pourquoi le penis plutôt que le vagin ?

TRADUZIONE IN ITALIANO DI Andrea Giramundo

… Perché il disgusto per tutto ciò che è attaccato alla donna, la ripugnanza per tutto ciò che designa, naturalmente o culturalmente, come femminile, è il vero cemento tra l’idea della sua inferiorità e il fatto del suo sfruttamento.
Finché pensiamo che il parto sia l’orribile prezzo da pagare per la vita, finché continuiamo ad affermare che i compiti domestici sono, come disse Lenin stesso, il lavoro più meschino, più oscuro, più pesante, più debilitante, non si sradicherà né l’idea dell’inferiorità delle donne né la realtà del loro sfruttamento.
È vero che il lavoro delle donne è spesso debilitante, come tutti i lavori senza riposo o tregua. È vero che i compiti domestici sono pesanti, quando le molestie quotidiane e la fretta ansiosa rubano ogni prospettiva, ogni piacere di fare e ogni piacere di vivere; questa è precisamente la realtà del lavoro alienato.
Ma il triste? Ma meschino? Leggo altrove, e ovunque, sotto tutte le penne animate dalla preoccupazione liberatrice per le donne, lavoro domestico = lavoro ingrato, sporco, vile, degradante, ripetitivo (come se l’operaio che fissa una porta identica su un’auto identica trentacinque volte al giorno…. ma lasciamo perdere), improduttivo (come se tante migliaia di altri lavori… ma andiamo avanti), ma anche umiliante, povero, schiavizzante…
A dire il vero, e per tutto questo, basterebbe una sola piccola parola: basso. Tutti questi clamori generosi e indignati non fanno che ripetere ciò che gli uomini non hanno mai smesso di dirsi a bassa voce, tanto per lusingare se stessi quanto per sottomettere le donne: tutto ciò che le donne fanno è un lavoro umile… che bel concime, che potente conforto per lo sfruttamento delle donne, che olio magico per la rigidità dei loro macchinari.
Se il lavoro è basso, è perché l’operaio è indegno, quindi va bene farlo faticare notte e giorno, sudare sangue e acqua, e uccidersi sul lavoro, poiché è indegno…

Ascoltate il loro bel grido di giustizia: perché, dicono, i compiti meno interessanti toccano sempre alle donne e quelli più interessanti sempre agli uomini?
O evidenza ingenua e perfida!
O tirannia profonda, e così ciecamente permessa, del giudizio maschile!
Si sono mai chiesti qual è l’interesse di questo interesse?
No. Per loro, tutto ciò che è attaccato a una donna, per necessità, incidente o convenzione, si tinge immediatamente di ingratitudine, di bassezza. Non pensano mai che i compiti più prestigiosi, riservati agli uomini, brillano in tutto il loro splendore solo nella misura in cui le donne ne sono escluse. (…)

Francamente, cosa c’è di così basso nel lavoro di una donna in casa da renderci così unanimi nella vostra ripugnanza?
È il lavoro stesso? O è qualcos’altro?
Lavare i piatti, sbucciare le verdure, lavare i vestiti, stirare, spolverare, spazzare, pulire le piastrelle, lavare i bambini, dar loro da mangiare, rammendare i pantaloni usurati… Lavoro insignificante? Triste? Ingrato? Sterile? Degradante?
Cosa dice l’operaio della catena di montaggio? Il tagliabulloni? Il segretario, l’impiegato dei timbri? La sarta della fabbrica di vestiti? E tanti, tanti altri?
Meschino? Triste? Ingrato, degradante? Un lavoro variegato, molteplice, che si può fare mentre si canta, mentre si sogna ad occhi aperti, un lavoro che ha il senso stesso di ogni lavoro felice, produrre con le proprie mani tutto ciò che è necessario alla vita, piacevole alla vista, al tatto, al benessere del corpo, al loro riposo, al loro godimento…

Ma purtroppo, si è voluto che fosse servizio, sacrificio, devozione e dolore… era una felicità rara, questo lavoro così vicino al godimento, aveva il valore più alto, quello della vita stessa, questo lavoro così misto alla vita…
avete inventato i terribili valori del potere per rivolgerli contro la vita, contro la donna, contro il suo grembo fertile, contro le sue mani fertili…
di questo lavoro prezioso per eccellenza, di questo lavoro più grande di tutti gli altri, poiché il senso degli altri non può essere che quello di servire e preparare -l’agricoltura, la metallurgia, l’industria- il compimento ultimo di questo lavoro, di questo lavoro per il quale tutti gli uomini avrebbero dovuto lottare se avessero amato la vita e non il potere, se n’è fatto un lavoro forzato, nemmeno più un lavoro, una terribile palla al piede da trascinare, una oscura fatalità, una colpa mai commessa, e tuttavia sempre da espiare, quella di essere donna…

Non è spazzare o pulire il bambino che è meschino, degradante, è spazzare con l’angoscia del pensiero di tutto il bucato che deve ancora essere stirato; stirare mentre ti dici che non sarà mai pronto per la cena; vedere il momento in cui potresti prenderti cura dei bambini, aerare l’humus della loro terra, annaffiarli, portarli a braccia, mettere le risate nelle loro voci e le domande sulle loro labbra…
ciò che è umiliante è fare un lavoro che nessun uomo acconsentirebbe a fare, fare un lavoro che almeno metà dell’umanità guarda dall’alto in basso, non guarda nemmeno.
Se quest’opera fosse percepita al suo vero e altissimo valore, sarebbe amata, sarebbe scelta, ambita da uomini e donne. Non sarebbe più un peso, una necessità opprimente, insopportabile…

Se la divisione e la distribuzione dei compiti e dei ruoli è stata fatta in origine in modo giudizioso e razionale, è semplice dimostrare che è più conveniente, più interessante per la comunità, che le donne trattenute in casa dalla necessaria cura dei bambini piccoli siano anche incaricate di compiti che richiedono la presenza, o che la presenza rende possibile… È più conveniente, più interessante per la comunità, che gli uomini, più indipendenti dal loro corpo (niente mestruazioni, gravidanza, allattamento), siano incaricati dei lavori all’aperto che richiedono anche più forza fisica…

Come è successo che uno dei termini della differenza, la virilità, sia universalmente, e quindi come per necessità, privilegiato rispetto all’altro?

In effetti, questo ragionamento è possibile solo perché si basa sull’idea dell’inferiorità fisica delle donne, il cui criterio di apprezzamento è la sola forza fisica (la capacità di tagliare alberi, di correre, di sollevare pietre…). Ma se si vuole considerare che la capacità di perpetuare la vita, di partorire e di nutrire il bambino, è una capacità fisica della donna, allora è ovvio; soprattutto quando si ignora il potere fecondante dell’uomo, che i fatti in sé non dicono.
Quello che dobbiamo capire è perché, sulla base di capacità fisiche che sono certamente diverse, ma che non possono essere pensate fin dall’inizio in termini di disuguaglianza (non esiste un punto di riferimento comune che possa misurarle), uno dei termini di differenza è stato altamente valorizzato rispetto all’altro. Perché non c’è nulla, a priori, che spieghi perché questo termine piuttosto che quell’altro.

Perché il pene piuttosto che la vagina?

——-> ALTRO DI : Annie Leclerc

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