Violon

ITALIAN VERSION

Violon
Désespéré dans la forêt
À réveiller la neige qui gît épaisse
Sur arbres séculaires pierres et animaux
Attendant du soleil ce pâle rayon
Qui puisse encore
Réchauffer,
Donner du sens
Là, où de sens
Il ne devrait pas
Y avoir
Aucun.
Se sentir personne
Pour être quelqu’un
Feuille d’automne,
Personne ne la voit voler parce qu’occupée
À se mettre à l’abri de ce froid glacial vent,
Comme une plume d’huppe survolant les villes
Migrer vers des pays toujours différents
À travers une routine constante
Araignées tisseuses de toiles inutiles
Croyances fragiles des moutons
La noir, la préférée du berger
Désormais, n’entende même plus le chien japper
Tracer le parcours que du cœur au ventre
Atteint le fond du puit sans passer par le cerveau
Voyager dans quelque ligne, dans quelque verre
Se trouver assis dans un avion dont on ignore la destination
La moitié du bonheur c’est d’accepter le tourner du monde
Découvrir l’importune fortune de l’inattendu
La goutte qui raie la vitre fraîchement nettoyée
La vie qui dégouline la Vie

tr. Mailhac 12 2019
*à Mari Samuelsen qui a ‘écrit’ ce texte avec TIMELAPSE